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11/06/2008

Padova Story Episode 16

Après plus d'un mois de réflexion, Mazzoco prît sa décision : il limogea officiellement Alessandra de son poste de Directeur Financier. Il avait déjà mis en branle une procédure de recrutement pour trouver rapidement un profil capable de reprendre efficacement les responsabilités d’Alessandra. C'est comme ça que je rentrai en contact avec Padoue Calcio pour la première fois.

Après plusieurs postes occupés dans de grands groupes internationaux, j'avais atterri en Italie 3 ans auparavant en tant que Responsable financier d'une grosse structure à vocation culturelle. Ce groupe était chargé de gérer les importants subsides que l'Etat français et quelques privés accordaient à la ville de Venise. Ma mission était de surveiller que les fonds soient correctement utilisés et de gérer une équipe de 25 personnes qui constituait cette "mission culturelle". Une manne énorme de plusieurs dizaines de millions d'euros par an. Ce boulot, croyez-moi, ne fût pas aussi simple que cela à maîtriser.

Tout d'abord, les renards de tous poils, avides de profit et sans scrupule, pullulent autour de ce type d’organisation culturelle. Et autant vous dire que les italiens s'y connaissaient en matière de dessous de table et de procédés douteux. Ensuite, les projets étaient tous prioritaires et plus brûlants les uns que les autres. Notre organisation s'est par exemple chargée de la rénovation de la "FENICE", la célèbre salle de spectacle dont l'incendie en 1996 avait fait couler beaucoup d'encre et sa rénovation sans doute encore plus. Englué dans les interminables litiges entre architectes, entrepreneur et la commune de Venise, ce dossier prît des années avant d'enfin voir le bout du tunnel. Un véritable enfer à gérer. Enfin, finalement, ce projet est arrivé à terme avec un résultat magnifique. La Fenice renaît enfin de ses cendres, pour un budget global de 80 millions d'euro. (*)

Bref, après 3 ans de ce régime, j'en avais assez et j'ai répondu à l'appel de Mazzoco. Choisi parmi les 3 derniers candidats encore en lice, ma dernière expérience fût sans doute déterminante pour ma sélection définitive. Mazzoco connaissait très bien les problèmes Fenice et était également au courant de l'excellent boulot que j'avais abattu à Venise.
Je devais arriver avec armes et bagages dès le 1er janvier 2002 dans l'ancien bureau d’Alessandra Pisani, toujours incarcérée...

Mais revenons à l'aspect sportif.

14 Novembre 4ème tour de la coupe de Série C match aller (quart de finale)
Ce match opposait Padoue à une équipe de C2A, Prato, que les padovans avaient affronté la saison dernière. Bien disposé en 442, Prato ennuya son adversaire pendant 45 minutes, laissant très peu d'espace derrière. Mais juste avant la pause, le jeune brésilien Robert, un sérieux espoir du club titularisé pour la première fois, reprit victorieusement de la tête un centre précis de Williams.
Malheureusement, à la reprise, Prato trouva rapidement, trop rapidement, l'ouverture pour égaliser. Prato continua sur sa lancée et Padoue fût sous la menace d'un deuxième but à deux ou trois reprises. Ce n'est qu'à l'heure de jeu qu'ils parviennent à nouveau à inquiéter le portier adverse mais sans succès. Résultat final logique 1-1.
Les habituels remplaçants avaient pourtant reçu une chance unique de prouver qu'ils valaient mieux, ils ne l'ont malheureusement pas saisie.
Prato - PD 1-1

17 novembre, après la coupe, retour au championnat, dans lequel Padoue se trouvait de mieux en mieux. Leur adversaire du jour, Alzano, pointait à l'avant dernière place. L'occasion de se faire plaisir et d'éviter les déconvenues !
L'équipe type put être alignée et Padoue prit le match à son compte, en dominant largement les débats. Il fallut cependant attendre la demi-heure pour voir le premier but, oeuvre de Zubov suite à un mauvais renvoi du portier. 1-0, Score à la pause.
En 2ème MT, Madeira, intenable dans ce match, reprit de la tête un centre millimétré de Wirtanen (jeune milieu droit finlandais de 19 ans), entré à la place de Zubov, et auteur lui aussi d'un très très bon match. Les esprits se dissipèrent et Alzano en profita pour revenir à 2-1. Padoue repartit à l'abordage et s'en trouva récompensé à la 74ème, toujours par Madeira, qui scella le résultat.
Grâce à cette victoire, l'équipe était à nouveau aux portes des places qualificatives pour les playoffs.
J12 PD - Alzano 3-1

Le 20 novembre, des émissaires du Torpédo de Moscou prirent contact avec Padoue pour s'enquérir des conditions d'un éventuel transfert de leur espoir Sinigaglia. Une offre de 500.000 EUR fût déposée sur le tapis. La contre-offre de Padoue ne convint pas et les moscovites repartirent comme ils étaient venus : les mains vides.
Coté à 450.000 EUR, je reste persuadé que nous aurions dû accepter l'offre mais bon, je n'étais pas encore en place pour faire pencher la balance...

(*) Et je me suis documenté sur le sujet

A suivre ...

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10/06/2008

Padova Story Episode 15

3 Novembre, Padoue, 9ème, recevait Lecco, 14ème, qui se débattait donc dans le fond du classement. L'occasion de confirmer la bonne prestation en Coupe quelques jours auparavant. De fait, Padoue entama ce match le couteau entre les dents, asphyxiant son adversaire dès le coup d'envoi. A la clé, l'ouverture du score dès la 2ème minute par ... Marajo, décidément très en verve. Encore un but de casque d'or sur un centre de la droite. C'était son 5ème but en un peu plus d'un mois !
Padoue enfonça encore le clou 7 minutes plus tard, quand un centre de Pirri fût repris victorieusement de la tête par Madeira. 2-0 score à la mi-temps. A la reprise, les padovans contrôlèrent les débats et inscrivirent le 3ème par Madeira à l'heure de jeu, bien servi par Marajo. Ce n'est pas le but de Lecco à 10 minutes du terme qui vint ternir une remarquable prestation d'ensemble. Manifestement, la sauce commençait à prendre ! Et Marajo devenait doucement mais sûrement le leader de cette équipe.
Padoue remonta du coup à la 6ème place.
J10 PD - Lecco 3-1

7 novembre 3ème tour de la coupe de la Série C match retour à Rimini
Il fallait seulement assurer le bon score du match aller et Padoue y parvint sans livrer une brillante prestation. Le but du remplaçant Pietranera à l'heure de jeu offrit une courte victoire et la qualif pour les 1/4 de finale aux padovans.
L'occasion fût une nouvelle fois donnée aux remplaçants de prouver leur valeur mais on ne vit pas grand chose.
Rimini - PD 0-1
Letizia avait insisté pour accompagner l'équipe pour ce déplacement à Rimini. Mais Steph avait dû lui refuser ce plaisir, il n'avait pas envie de la voir parader et ne pouvait ensuite refuser à d'autres femmes de joueurs de les accompagner s'il avait déjà accordé cette requête à sa propre compagne. Evidemment, Letizia le prît très mal. Elle décida de quitter l'appartement commun pour quelques jours. A son retour de Rimini, Steph dû déployer tous ses talents de persuasion pour la ramener à la maison. Il imaginait déjà la réaction du père ... tout cela commençait doucement à lui courir sur le haricot ...

11 novembre, face à un potentiel reléguable (Lucchese occupait le 16ème rang), Padoue avait un bon coup à jouer. Tout comme face à Lecco, les padovans se ruèrent devant le but adverse. 2ème minute, centre de Zubov dans la surface, reprise de Madeira et but sur la première occase : 1-0. 16ème minute, chevauchée folle de Madeira, qui pénétra dans le rectangle et fusilla le pauvre gardien adverse qui n'avait pas encore touché le moindre ballon, si ce n'est pour aller le rechercher au fond de ses filets.
A l'image de la Squadra Azzura lors de l'Euro 2000, Padoue se replia alors pour le restant du match et le contrôla aisément. Bien que Lucchese réduisit le score dès la reprise, Padoue s'assura ainsi une victoire importante, la deuxième de rang en championnat et commençait à trouver la bonne carburation.
A l'issue du match, Mazzoco eût ce petit mot à l'égard de Steph : "
Je savais que je ne m'étais pas trompé !"
J11 Lucchese - PD 1-2

Le lendemain, Letizia revint à l'appartement commun et la discussion qui s'ensuivit fût des plus animées ... il y avait de l'eau dans le gaz ...

A suivre ...

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09/06/2008

Padova Story Episode 14

Fin octobre, Alessandra fût arrêtée chez elle par quelques carabinieri. Elle fût officiellement accusée d'avoir saboté l'Alfa de Varella et d'avoir prémédité sa mort (voir épisode 8). Après l'avoir attiré chez elle pour "passer une dernière nuit" et régler le partage du butin (on parla de plusieurs centaines de milliers d'euro !!), elle aurait profité de son sommeil pour pratiquer sa basse besogne. Le lendemain, Varella, ne s'étant rendu compte de rien, prit le volant de son véhicule et provoqua, quelques minutes plus tard le carambolage monstre de l'autoroute A4. Les conditions atmosphériques ont en effet rendu l’accident encore plus dramatique.
A Padoue, c'était la stupeur générale. Ce qui au départ n'était qu'une rumeur était en train de se concrétiser. Personne au club ne fût capable de travailler ce jour-là. Mazzoco dût organiser une réunion de crise pour calmer les esprits. Stéphane en fît de même avec les joueurs même si ces derniers étaient moins touchés. Par contre, les rumeurs de caisse noire se révélèrent non fondées. En tout cas, après enquête, les carabinieri de trouvèrent rien de répréhensible dans les comptes, si ce n'est quelques notes de frais suspectes. Des broutilles ...

Pas de quoi préparer sereinement le match retour de coupe de série C, même si le score du match aller avait tué tout suspense. Steph était suffisamment préoccupé par les deux récentes défaites de son équipe en championnat que pour fêter la mésaventure d'Alessandra Pisani.

Les récentes contre-performances avaient poussé membres du staff et joueurs à se réunir autour d'une table et discuter posément des problèmes rencontrés à ce moment-là.
La conclusion fût relativement simple : tout le monde était persuadé que le fonds de jeu était en train de prendre forme, la communication s'améliorait progressivement, la sérénité devait rester le maître mot pour se sortir du pétrin.
De plus, tous approuvaient la tactique audacieuse appliquée par Steph. Il aurait été dommage de la modifier si tôt.
Le 24 octobre La coupe de Série C apporta la bouffée d'air frais nécessaire au moral des joueurs. Même si la belle victoire du match aller avait déjà scellé le sort de leurs adversaires, ceux-ci eurent la bonne idée de jouer le jeu. Au final, Padoue s'imposa d'une courte tête et se qualifia pour le tour suivant.
Giugliano - PD 0-1

28 octobre Un nouveau déplacement délicat pour les padovans qui n'étaient pas très fringants et qui devaient affronter une équipe du haut de classement, Livourne. Les récents résultats en championnat étaient catastrophiques et il fallait absolument prendre des points, pour éviter de laisser le doute s'installer dans l'esprit des joueurs. Et du Président.
Padoue livra une partie courageuse mais sans éclat, légèrement dominée par leurs adversaires. Ils parvinrent à ouvrir le score à la 50ème minute, sur leur seul tir cadré du match, but de Sorondo. 10 minutes plus tard, Livourne concrétisa enfin une de ses nombreuses occasions. Egalisation logique. Padoue tiendra le choc jusque la fin et enraya la série de défaite avec ce bon point acquis à l'extérieur. Malheureusement, il perdit Sorondo, le buteur du jour, blessé et absent des terrains pour trois semaines.
Ce match démontra que la communication s'améliorait : c'est un véritable bloc, une équipe, qui était allée chercher ce point, ce qui constituait un fameux gage pour l'avenir, à défaut de pouvoir compter sur des individualités ou sur leurs qualités offensives presqu'invisibles cette après-midi-là.
J9 Livourne - PD 1-1

31 octobre 3ème tour aller de la Coupe de la Série C
Le hasard du tirage réserva encore à Padoue une équipe de division inférieure, Rimini. Steph en profita pour, une fois de plus, laisser leur chance à quelques joueurs, notamment Sadocco, un jeune libero pur produit du club. Bien lui en prit. Steph lui avait demandé de monter sur toutes les phases arrêtées. A la 24ème minute de jeu, Sadocco reprit victorieusement de la tête un corner délivré par Pirri. A la 30ème, Marajo y alla d'un petit numéro dans le rectangle avant de placer imparablement du gauche : 2-0. Tout à leur joie, les padovans se relâchèrent et un but de Rimini vint leur signaler que le match était loin d'être fini. 2-1, score à la mi-temps.
A la reprise, Padoue se montra plus incisif, Steph les avait copieusement enguirlandés à la pause, le résultat se vit sur le terrain.
54ème, Braithwaite balança un centre dans la surface, Marajo surgit et propulsa, de la tête, le ballon dans les filets, 3-1.
79ème, Pirri botta un énième corner. Rimini n'avait pas retenu la leçon et c'est Sadocco, encore lui, qui marqua le quatrième, copie conforme de son premier but. 4-1, victoire tranquille pour assurer la qualification dès le match aller.
On nota à cette occasion la prestation éblouissante de Marajo et de Pirri.
PD - Rimini 4-1

Padoue reprend des couleurs ... A suivre ...

07:00 Publié dans Padova Story | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Padova, story

08/06/2008

Padova Story Episode 13

Lorsque Letizia apprit la nomination officielle, elle fit encore une scène comme elle seule en était capable. Stéphane supportait de moins en moins ces sautes d'humeur de plus en plus fréquentes. Le tempérament de feu de la belle était il est vrai difficile à tempérer mais Letizia commençait à dépasser les bornes. Steph lui promit d'être le plus souvent possible auprès d'elle et de ne pas privilégier sa vie professionnelle. Letizia se calma quelques jours après une folle nuit de passion dans un hôtel de Montegrotto, au pied des "Colli" de Padoue. Le genre de nuit qui vous fait effectivement tout oublier ... sauf son travail. Steph était incapable de privilégier sa compagne au détriment de son job qui l'accaparait de plus en plus. Ce mensonge destiné à calmer la fougueuse Letizia était peut-être le début de la fin ...

Le début de saison très positif avait sans doute donné une valeur surestimée de cette équipe qui manquait encore d'automatismes et surtout de communication. Steph avait organisé des cours intensifs d'italien pour tous les nouveaux joueurs qui ne parlaient pas un mot d'italien. En deux mois, certains avaient déjà fait de beaux progrès.
Mais ce manque de cohésion n'avait pas encore été illustré sur le terrain. L'arbre qui cache la forêt en somme.

Le 30 septembre au soir, Padoue se rendit à Arezzo, une équipe en forme de la C 1. Il y livra une rencontre sans âme, sans engagement, les joueurs pouvaient même s'estimer heureux de ne s'incliner que par deux fois. Zubov, sur son flanc droit, a bien essayé de secouer le cocotier, en vain. Arezzo, qui se trouvait à un point de Padoue avant la rencontre, passait devant pour occuper la 2ème place, reléguant du même coup Padoue à la 5ème position.
J5 Arezzo - PD 2-0

Le 6 octobre, Padoue finalisa un beau coup de filet : l'arrivée de Batrinu, un roumain de 30 ans, défenseur central, 6 fois international et capable de jouer des deux pieds. Acquis gratuitement, son contrat était en outre des plus abordables : 7.250 EUR par mois. La bonne affaire. Il fût effectivement une clé de voûte importante du dispositif défensif pendant le restant de la saison. Padoue finalisa encore deux autres transferts : Williams, Gallois de 24 ans, médian polyvalent acquis gratuitement, et Antchouet, attaquant/médian offensif droit Gabonais de 22 ans, international à 7 reprises, acquis pour 100.000 euro, le plus gros transfert de Padoue jusqu'à présent. Steph était toujours à l'affût de belles opportunités et son réseau de recrutement était remarquablement géré.

7 octobre, Padoue reçut Triestina pour un tout autre match que la semaine précédente. Le danger partit de partout et Trieste pouvait s'estimer très heureux de n'avoir qu'une seule fois été recherché le ballon au fond de ses filets. Peu avant la mi-temps, Marajo, 20 ans, un brésilien milieu offensif/attaquant, avait offert le but et les trois points à son équipe. Il venait de rejoindre l'équipe 10 jours auparavant et se révélait déjà décisif. Trieste n'avait pas cadré un seul envoi vers les cages de Voulgaris. Une victoire convaincante comme les chiffres ne le révèlent cependant pas.
J6 PD - Triestina 1-0

10 octobre, Padoue entama son 2ème tour aller de la coupe de la série C contre Giugliano, une équipe de série D (équivalent à une P1 en Belgique). Sur le papier, il n'y avait pas photo, Padoue était bien plus fort. Mais ici, c'est le Calcio, et tout peut arriver.
Cependant, Padoue prouva sa valeur en atomisant littéralement le portier adverse qui dût sortir le grand jeu. Il va néanmoins s'incliner quatre fois. Seule ombre au tableau, ce but encaissé en 2ème mi-temps, un petit relâchement coupable. Steph fit tourner son équipe et permit aux joueurs qui n'ont pas souvent l'occasion de jouer de montrer de quoi ils étaient capables.
L'occasion aussi pour Pirri, un italien de 25 ans, ailier gauche et recruté par Varella juste avant l'arrivée de Steph, de prouver qu'il était un passeur de premier plan. Il signa d'ailleurs deux passes décisives dans ce match.
PD - Giugliano 4-1

14 octobre, Padoue reçut Trévise pour un "gros" derby. Steph savait depuis Mestre (voir épisode 10) que ces derbys sont d'ordinaire très disputés. Celui-ci ne fit pas exception. Trévise marqua dès la 9ème minute sur sa première action sérieuse puis se replia pendant 80 minutes. Padoue se cassa les dents pendant tout le match, incapable de se montrer inspiré face à cette équipe regroupée. En fin de match, et sur sa 2ème occasion, Trévise doubla son avantage et plia le match. Le jeune anglais Braithwaite, 19 ans, médian défensif gauche, fût pointé du doigt pour avoir laissé filer son adversaire direct de la 2ème ligne. Mais il était écrit que Padoue ne trouverait pas la clé ce soir-là. Petit coup d'arrêt dans un gros derby.
J7 PD - Trévise 0-2

21 Octobre, déplacement difficile à Monza. De fait, Monza prendra directement son adversaire à la gorge. Surpris et pris à froid, Padoue encaissa le premier but dès la 2ème minute de jeu. La suite ne fût qu'un long chemin de croix. 3 à 0 à la mi-temps et 4-0 à la fin de la rencontre, les joueurs rentrèrent penauds dans les vestiaires. Incapables de cadrer le moindre tir, Madeira fût d'ailleurs le bouc émissaire parfait : 5 tirs en 90 minutes, tous hors cadre. Seul un autre jeune joueur, l'anglais Robinson, 19 ans, médian défensif, réussit à montrer quelque chose mais il prêcha dans le vide. Cette défaite fît plonger l'équipe à la 9ème place. Un off-day et des inquiétudes qui bourgeonnent après cette 2ème défaite consécutive.
J8 Monza - PD 4-0

3 défaites en 4 matches et un fonds de jeu qui s'étiolait, Padoue perdit logiquement de sa superbe au classement général. Mais l'objectif de départ, un maintien rapidement acquis, n'était pas revu à la baisse. Steph, par contre, se faisait du mouron. Son objectif personnel était d'atteindre les playoffs en fin de saison, soit une place dans les 5 premiers. Impossible d'y parvenir avec de pareils résultats. Il fallait faire quelque chose...

A suivre ... et n'hésitez pas à déposer votre commentaire ou m'envoyer un email, ça me ferait plaisir de savoir ce qui vous attire dans cette story ...

07:00 Publié dans Padova Story | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Padova, story

07/06/2008

Padova Story Episode 12

24 septembre 2001, Stéphane pénétra dans le bureau de Mazzoco avec un peu d'angoisse. Mazzoco le salua chaleureusement (il était ravi de la troisième place occupée par son club) et lui offrît un café (court et bien serré comme les italiens l'adorent).

_ Alors, Stefano, de quoi vouliez vous me parler ?
_ Je vais aller droit au but Alberto. D'une part, nous n'avons pas trouvé d'entraîneur assez valable pour notre équipe. Tous nos contacts sont tombés à l'eau et il ne reste plus personne de suffisamment compétent sur le marché. A part les étrangers. D'autre part, je pense avoir tiré mon épingle du jeu en ce début de saison et prouvé que je pouvais me débrouiller avec cette équipe. Mon ambition est de monter un team capable de se battre pour la montée dès la saison prochaine. Je suis même certain que nous avons le potentiel pour accéder aux barrages dès cette année. Je vous propose donc le deal suivant : vous me confirmez à la tête de l'équipe A jusque la fin de saison. Si nous n'obtenons pas mieux qu'une 8ème place, mon contrat s'éteint. Si par contre nous faisons mieux, je serai automatiquement reconduit.

Steph retint son souffle en regardant Mazzoco, concentré et grave. Il regardait à travers la grande baie vitrée de son bureau les drapeaux qui flottaient au-dessus de la Curva Est.

Mazzo co réfléchit quelques instants puis se tourna vers Steph.

_ Stefano, j'avais déjà envisagé cette opportunité car il ne fait aucun doute que vous avez l'étoffe d'un grand manager. Cependant, votre manque d'expérience à ce niveau peut être préjudiciable pour tous. Je ne veux pas que vous vous brûliez les ailes trop rapidement. Vous sentez vous de taille à affronter cette tâche ?
_ J'ai bien analysé la situation. Et je n'ai aucun doute là-dessus. J'espère simplement que mon ambition soit partagée par la direction technique et financière.
_ Pour ma part, je suis d'accord mais je dois encore en discuter avec les membres du conseil d'administration. C'est eux que je devrai convaincre en premier.

A sa grande surprise, c'était (presque) dans la poche puisque les (vieux) membres du CA avaient presque toujours accordé leur soutien aux décisions de Mazzoco. Quant à l'ambition de Steph, dont personne n'était au courant et dont il me fit part bien plus tard, elle était presque démesurée : atteindre le last four de la prestigieuse Champion's League en 8 ans ! Trois divisions à surmonter et les gros bras italiens puis européens à affronter, le challenge était très (trop ?) audacieux.

De son côté, Mazzoco voyait de plus en plus en Steph le fils qu'il n'avait pas eu. Il voyait bien tous les trésors de sollicitude que Steph déployait parfois pour s'occuper de sa fille. Il savait que ce n'était pas une sinécure. Letizia, fille au caractère bien trempé, ressemblait parfois à son père dont le tempérament bouillant était connu du milieu footballistique. Steph devait souvent composer avec ses sautes d'humeur mais sa beauté le subjuguait toujours autant. J'eus l'occasion de m'en rendre compte dès notre première rencontre.

Quatre jours plus tard, Steph signait son nouveau contrat : il était nommé officiellement entraîneur principal jusque la fin de saison tout en gardant la responsabilité technique du club. En sortant du bureau du président, il regarda vers le bureau vide de Alessandra Pisani et se remémora tous les moments difficiles qu'il avait vécu là.
Pietro avait raison (voir épisode 6), la vengeance est un plat qui se mange froid !

A suivre ...

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