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Naja

J’ai découvert l’univers du football en 1982 (oulà, 25 balais déjà, ça vaut un jubilé, non ?), à l’occasion de la Coupe du Monde en Espagne, grâce aux … vignettes Panini. Je me souviens de l’atmosphère régnant autour de cet évènement mais je ne me suis pas vraiment attaché à l’aspect sportif. Une petite anecdote à ce sujet : je me vois encore entrer à l’épicerie pour acheter des vignettes alors que se déroulait l’importantissime Italie-Brésil qui allait envoyer les italiens en demi-finale, alors que tout le monde voyait les Brésiliens Champions du Monde. Je me souviens aussi avoir regardé quelques furtives images, en cachette, de Belgique-Pologne qui se déroulait en soirée.

Mais la sauce n’a pas vraiment pris et, avec la fin de la compétition, mon intérêt pour le ballon rond s’est mis en veille. Ce que j’ai malgré tout retenu de ces évènements concerne ma « culture générale ». Le fameux album Panini en question affiche chaque équipe dans sa langue. La Hongrie se présente donc sous la forme de l’imprononçable « Magyarorszag » que j’ai survolé des dizaines de fois en ouvrant l’album pour coller de nouvelles vignettes. Des années plus tard, grâce à cela, je serai le seul de ma classe à écrire correctement « le magyar » au cours d’une dictée inopinée… Les avantages collatéraux de la culture footballistique.


Jusqu’en mai 1984, je romps avec le Foot. En fait, jusqu’à cet autre évènement marquant : ma tante m’offre le numéro 35 de Football Magazine. Sur la couverture de ce numéro de mai 84, l’élégant Karl-Heinz Rummenigge semblait caresser le cuir.
Pourquoi ? Comment ? Toujours est-il que ce numéro va déclencher une passion qui perdure encore aujourd’hui. Je vais bien entendu acheter les numéros suivants et même rechercher les anciens. Cela n’a pas été facile de retrouver les numéros épuisés mais finalement, j’ai réussi à compléter la collection.
Pour la petite histoire, le dernier numéro de Foot Magazine en format mensuel est paru en juillet 1992 avec le numéro Spécial Euro 92 et je ne suis pas peu fier d’en posséder chaque numéro, depuis le mythique N°1 de 1981 jusqu’à ce dernier numéro de juillet 92.


Onze ans (un chiffre éminemment symbolique) de football belge décliné sur tous les tons et qui m’a permis de combler mon retard en Histoire Footballistique.


Mais revenons à 1984. L’Euro approche et l’ « affaire » Standard-Waterschei éclate. Le noyau des Diables vole en éclat et on appelle les jeunes Grün et Scifo à la rescousse. Malgré un premier bon match, il n’y aura pas de miracle.
Je regarde la première rencontre contre la Yougoslavie (victoire 2-0) et surtout, la déroute contre une équipe de France (et surtout Platini) hors catégorie. C’était l’après-midi, je m’en souviens encore. La première (grande) déconvenue de ma vie en matière de football. Quelques jours plus tard, la malheureuse et imméritée défaite 3-2 contre les danois (que l’Europe entière découvrait) scella l’élimination des Diables…
Les Diables Rouges ne sont cependant pas les seuls à attirer mon attention. Je m’attache aussi au parcours du Sporting d’Anderlecht en Coupe de l’UEFA. On se souviendra cette année-là de ce match fou en demi-finale retour contre Nottingham (3-0). On découvrira des années plus tard que l’arbitre avait largement contribué à la qualification des mauves. Mais ce parcours (qui se terminera par une défaite aux tirs au but en finale contre Tottenham) sera le point de départ de mon attachement aux mauves d’Anderlecht.

Cet intérêt conjugué pour le Foot et les Coupes d’Europe m’apporte à nouveau des avantages collatéraux : je deviens en effet incollable au sujet des capitales européennes. L’Etoile Rouge de Belgrade en Yougoslavie, le Real de Madrid est en Espagne, le Sparta Prague en Tchécoslovaquie etc etc …
Mon père se rend compte que mon intérêt pour le foot grandit et accepte de m’accompagner pour voir le grand Liverpool disputer un match amical à Charleroi (alors en D2), la ville où j’ai résidé pendant 20 ans. Imaginez aujourd’hui venir voir toutes les stars du Milan AC défiler au Parc Duden de l’Union Saint-Gilloise par exemple. C’est à peu près ce qu’il s’est passé à ce moment-là. Je ne le savais pas encore mais Charleroi était au départ d’une saison qui finira en apothéose (victoire au tour final et retour en D1).


Du côté d’Anderlecht, il y a eu en décembre 84 la terrible claque madrilène avec ce 6-1 qui ne souffre d’aucune discussion. Avec mes potes, nous avions écouté le match l’oreille collée à la radio. Anderlecht quitte ainsi l’UEFA avec un sentiment d’humiliation dont beaucoup se souviennent encore aujourd’hui.


En mai 1985 a lieu l’évènement le plus tragique auquel j’ai pu assister en direct à la télé. Comme beaucoup d’amateurs de foot, j’attends avec impatience le duel entre deux derniers vainqueurs de Coupes d’Europe : Liverpool (Coupe des Champions 84) et la Juve (Coupe des Coupes 84). Les deux plus grandes équipes de l’époque. Dès l’entame du direct, Arsène Vaillant signale que des incidents ont éclaté. On ne sait pas encore clairement ce qu’il se passe mais, au fil du temps, on va découvrir l’horrible et inacceptable vérité : 39 personnes venues assister à ce grand évènement ne se relèveront jamais de ce chaos. Les fans anglais ont chargé dans le tas et provoqué ainsi l’écrasement de la foule contre le muret du funeste bloc Z.
Pour éviter d’autres drames, les autorités dépassées décident de faire jouer le match. Même à ce moment-là, je me suis dit que ce match n’aurait jamais dû avoir lieu. Et j’en reste encore persuadé aujourd’hui…


Juin 1985, la vie reprend son cours, Charleroi s’est qualifié pour le tour final de D2 avec Winterslag, le Racing de Malines et St-Trond. Le parcours des zèbres démarre doucement (défaite d’entrée de jeu à Winterslag) mais se terminera en triomphe. De nouveau l’oreille collée au transistor, nous écoutons mes potes et moi le déroulement des matches qui tourneront en apothéose pour le Sporting de Charleroi. Le dernier match (contre le Racing Malines) est épique mais Charleroi s’impose 1-0 et devance ainsi Winterslag d’un point. Une deuxième passion est née : je supporterai désormais les deux Sporting !


Nous sommes en automne 1985, les Belges doivent affronter en barrage aller-retour leurs éternels ennemis bataves pour une place au Mundial Mexicain. Les belges ont remporté le match aller 1-0 (but de Vercauteren) et vont disputer le retour sur un terrain gelé très difficile à jouer. Nous sommes 15 ou 20 jeunes de mon âge autour de l’écran et espérons une qualification qui propulserait notre équipe au Mundial 86. 0-0 à la pause, on est sur la bonne voie mais en seconde période, les Pays-Bas marquent deux fois coup sur coup. Le rêve s’envole…
Thijs tente alors le coup de poker et demande à Grün de se porter à l’attaque. Guy Thijs avait fait monter Grün sur le terrain lors de l’entrée en jeu du grand Van Loen. Georges tente le coup, cède le cuir à Gerets et file vers le but. Eric temporise, déboule sur le flanc droit et centre vers la surface. Sans s’arrêter, Grün a poursuivi son action, il devance l‘immense Van Loen et, de la tête, propulse le ballon vers les buts. Van Breukelen ne peut absolument rien faire et doit s’incliner. La phase est magique, notre petit groupe explose, la Belgique ira au Mexique ! La déception de l’Euro est oubliée et fait place pour la première fois à un sentiment indescriptible d’intense joie collective.


De son côté, Charleroi connaît des débuts difficiles en D1 mais parviendra à se sauver grâce aux crochets déroutants et aux buts du feu-follet Didier Beugnies. Déception pour les carolos, Didier ne sera finalement pas retenu par Thijs dans la sélection des 22. Pas non plus de trace de Czernia, l’idole de ma jeunesse, malgré une belle saison au Standard. En Coupe d’Europe, Anderlecht échoue en demi-finale de la Coupe des Champions contre le Steaua Bucarest. Les mauves ne seront plus jamais aussi proches de la fameuse Coupe des Clubs Champions. Quelques jours plus tard, le Steaua remporte la Coupe aux pénaltys contre Barcelone (et au Nou Camp s’il vous plaît !). L’année suivante, Anderlecht prendra sa revanche sur les roumains mais prendra ensuite une nouvelle claque au Bayern avec un impitoyable 5-0. Anderlecht ne gagnera jamais la Coupe des Clubs Champions … A signaler que dans les buts se trouvait une autre de mes idoles : Jacky Munaron. Si les Diables pouvaient compter aujourd’hui sur des joueurs possédant une telle mentalité, on posséderait sans doute une équipe nationale beaucoup plus compétitive.


Place au Mundial 86 où les Diables vont briller. Pourtant, je me rappelle très bien n’avoir aucun espoir avant le match Belgique – URSS qui se déroulait tard dans la soirée. Les soviétiques possédaient alors l’équipe qui paraissait la plus forte du Monde. Formée massivement par les joueurs du Dinamo Kiev qui venaient de remporter la Coupe d’Europe en livrant une véritable démonstration, l’équipe russe avait infligé un sévère 6-1 aux Hongrois. A l’heure du petit-déjeuner, les infos annoncent pourtant l’exploit : pendant la nuit, les Diables ont poussé les Russes hors de la compétition et se sont qualifiés pour les quarts ! Mais si je devais retenir un match, ce serait pourtant l’intense France – Brésil que je citerais volontiers. Un vrai duel de Stars pour une finale avant la lettre. Au bout du compte, Belges et Français se retrouveront plus tard pour la « petite » finale à l’issue d’un très beau parcours.


Quelques années plus tard, les Diables ont continué leur chemin et se sont qualifiés pour le Mondiale italien de 1990. Au second tour, les Belges rencontrent les Anglais et alignent ce qui restera sans doute la plus belle équipe de l’Histoire des Diables Rouges. Au terme des 120 minutes d’un match où les anglais ont tremblé à plusieurs reprises, l’arbitre (danois si je me souviens) siffle une faute imaginaire à 25 mètres des buts. Waddle botte le coup-franc, le temps s’arrête, David Platt surgit et, d’un improbable retourné, crucifie Preud’homme. Ce n’est pas possible, l’arbitre va signaler un hors-jeu, une faute, ou autre chose … Non, il désigne le rond central, le but est validé. Je pense que jamais je n’ai ressenti un tel sentiment d’injustice. A n’en point douter, c’est la plus grande déception (sportive) de ma vie. Oui, je sais, ça paraît exagéré mais quand on est à fond dans le truc, les proportions prennent aune autre dimension. En tout cas, cela m’aura permis d’apprendre que la vie n’est pas constituée que d’évènements rationnels et équilibrés. La roue avait tourné d’un côté contre les Russes en 86 et de l’autre contre les anglais en 90. Et aussi ce qui fait le charme de notre sport favori.


Les années 90 seront plus calmes, si ce n’est un sursaut en 1994 avec la Coupe du Monde aux USA. Mais en tout cas, je ne retiens pas d’autres évènements aussi marquants que dans les années 80. La passion pour le foot se détériore au profit d’autres sources d’intérêt.


Quelques mois après la Coupe du Monde 86, je reçois mon premier ordinateur : un Commodore 128 avec lecteur de disquettes 5 pouces ¼. Pour l’époque, c’était le nec plus ultra. C’est ainsi que je découvre, parmi d'autres, les jeux de football management, très populaires en Grande-Bretagne. Soccer Boss, Foot Manager (et surtout FM2) et autres jeux de même type commencent à me fasciner. Une nouvelle passion est née …
Bien des années plus tard, avec l’achat de mon premier PC, je découvrirai d’abord le jeu Carton Rouge (des heures et des heures de jeu) puis, surtout, L’Entraîneur (Championship Manager 2). Aah, j’en ai guidé des clubs virtuels sur la route du succès ! Clubs anglais, français puis enfin belges vont ainsi passer entre mes mains. Achat de joueurs, conception tactique, gestion de matches, agrandissement du stade, gestion des finances, autant de paramètres à maîtriser pour amener un club au sommet.
Je ne vais plus jamais parvenir à décrocher, le virus est inoculé. Ma passion pour le football management est définitivement enclenchée. La preuve ? Un petit aperçu ici en image


Le jeu Championship Manager sera ensuite décliné en d’autres éditions, dont la version 3 saison 2001-2002 qui sera, d’après moi, la plus aboutie et que beaucoup de fans utilisent encore aujourd’hui (avec les mises à jour indispensables pour garder des équipes up-to-date). J’en suis moi-même un joueur assidu car la longévité de ce jeu est sans limite et le nombre de défis à relever peut lui aussi se révéler impressionnant. A l’heure actuelle, je gère deux parties. Dans la première, après 10 saisons, l’Union St Gilloise est sur le toit du Monde avec 4 Ligues de Champions consécutives alors que dans la seconde, après deux saisons, Venise vient faire la nique aux grandes équipes italiennes du Calcio et pourrait se qualifier pour les préliminaires de Ligue des Champions. Enfin, dans une partie précédente, j’ai amené Charleroi à la victoire en Ligue des Champions, on peut rêver ! :-)


C’est donc ce virus pour le football et pour les jeux de management qui m’a naturellement poussé vers le Megafoot, l’alliance parfaite de deux vices qui ne me quitteront peut-être jamais … J’ai découvert le Megafoot en 2005, par hasard à l’orée de la saison 2005-2006 et je ne sais toujours pas s’il y avait eu une édition préalable. Il semble que non, je pense donc avoir participé à la première édition.


Mais  la vie ne s’arrête pas au football et j’ai également développé une autre passion depuis 1990 (peut-être indirectement la cause d’un relatif désintérêt pour le foot d’ailleurs) : « the best rock band in the world » le mythique groupe irlandais U2.
A mon actif, 6 concerts live (Gand 92, Cologne et Bologne 93, Paris Parc des Princes 97, Paris Bercy 2001 et Bruxelles 2005), 300 concerts bootleg en stock, trois cartons de documentation (articles de presse, magazines, photos), des tas de bouquins, de calendriers, des vinyls collector (45t et 33t), les DVD et CD singles officiels, des posters, des tee-shirts etc etc …


Bref, entre U2, les Panini, CM3, Megafoot et à présent ce blog, je n’ai vraiment pas le temps de chômer et il faut du temps pour s’adonner à ses passions … Sans oublier ma compagne qui, bien entendu, est ma priorité numéro un (si, si, edashura ime, si tu me lis, ne sois pas étonnée, c’est la vérité ).


« Mais as-tu au moins joué au foot quelque part ? » me direz-vous. Et bien oui, certes, mais j’ai attendu d’avoir vingt ans pour m’inscrire dans un petit club. Mais c’était la bonne avec un titre de Champion Junior à la clé. Puis j’ai arrêté pour me consacrer à mes études… sans regret au jour d’aujourd’hui.


Enfin, pour terminer et vous laisser tranquilles avec ma petite vie qui intéresse sans doute peu de monde, vous vous demandez sans doute pourquoi « padova » semble prendre une telle place ? Et bien, après vous avoir étalé certains pans de ma vie, voilà un sujet que je vais garder secret. La ville de Padoue garde (et gardera à jamais) une place privilégiée dans mon cœur. Un souvenir qui éclipse, et de loin, tout ceux cités précédemment. 


Vous souhaitez réagir à cette présentation ? Envoyez-moi un mail à padova.megafoot@gmail.com, je me ferai un plaisir de vous lire et de vous répondre au besoin. 


N'oubliez pas de visiter le blog "officiel" : http://megafoot.blogs.dhnet.be/ et le site du jeu : http://www.megafoot.be/


 

Interêts

Megafoot, football, U2, panini